Le projet s’attache à explorer le potentiel du cœur d’îlot constructible (défini par le PLU) en y insérant une nouvelle construction contemporaine.
Le projet ne cherche pas à imaginer l’extension des bâtiments existants mais plutôt à proposer une planification urbaine globale du cœur d’îlot dont l’aménagement paysager et architectural permettrait d’ouvrir des perspectives à l’échelle du quartier, tout en proposant une solution architecturale contemporaine forte ; en dialogue avec l’existant en partie classé au patrimoine de l’Unesco.
D’une part, les nouveaux logements et le parc public sont magnifiés par les bâtiments existants qui les cernent, d’autre part les cinq constructions implantées dans le parc magnifient les échoppes et les maisons de ville en rendant lisible le cœur d’îlot et en dévoilant les façades arrières : 5 objets précieux dans un « écrin de pierre ».
L’îlot Lamothe Pichon offre une possibilité exceptionnelle puisque son cœur planté d‘importante dimension bénéficie d’un large ensoleillement lui permettant aisément de se muer en jardin public.
Nous avons imaginé de conserver une épaisseur privative des espaces verts en cœur d’îlot (dans le respect du parcellaire des échoppes et maisons existantes formant « l’écrin de pierre ») sur une profondeur de 10 mètres.
Deux percées sont libérées une fois les hangars en coeur d’îlot démontés pour permettre la traversée de l’îlot d’Est en Ouest depuis les rues Lamothe Pichon et rue de Bègles.
Le système est complété par une percée Nord / Sud rendue possible par la destruction de deux petits édicules sur les rues Guépin et Malbec. Ce système de connexion de l’îlot avec les rues avoisinantes vise à faciliter sa pratique et son appropriation, ainsi le projet s’inscrit à l’échelle du quartier. Cette ambition est confortée par l’implantation de 3 équipements de proximité au cœur du jardin : un café, un commerce et un espace d’exposition.
Enfin, accessible depuis la rue Guépin, un large parking sous terrain d’une capacité de 100 places permettant de désengorger les rues avoisinantes et de convertir en rues piétonnes les rues Lamothe Pichon et Guépin.
L’îlot retrouve son unité et accroit la qualité de l’espace public du quartier.
Les 5 bâtiments s’implantent librement au cœur de l’îlot Lamothe Pichon tout en respectant le périmètre constructible et le gabarit maximum de 9 mètres imposés par le PLU.
La proposition cherche à renouveler l’implantation classique d’une opération de logements par le simple fait de libérer au maximum de toute construction le rez-de-jardin et offrir ainsi la meilleure lisibilité possible du cœur d’îlot, de son parc et de son architecture : façades arrières des échoppes et des maisons de ville.
Au chaos urbain classique qui concentre au même niveau parking, logements, commerces et espace public se supplée un schéma directeur qui libère le rez-de-jardin en logeant le parking en sous terrain et en perchant les 20 logements d’exception dans les arbres. Leur agencement très particulier en plan permet à chaque logement de profiter d’une triple exposition, tout en éclairant les parties communes.
Les 20 logements, handicapables, perchés à 3.5 mètres au-dessus du niveau du jardin cherchent à se fondre dans la frondaison des arbres par la mise en œuvre d’une structure aléatoire habillée d’inox-miroir et un habillage de la façade en bois reflétant et dialoguant avec les branchages et les feuilles.
Les fenêtres reprennent les dimensions classiques des fenêtres existantes des échoppes et maisons de ville afin d’établir une homogénéité entre l’architecture existante et l’écriture contemporaine envisagée.
Deux typologies sont proposées : 10 T4 et 10 T2 de 55 et 85 m² respectivement conçues en échos des typologies existantes des échoppes et maisons de ville aujourd’hui encore si contemporaines dans leur agencement.
Seuls les halls traversants des 5 bâtiments sont situés en rez-de-jardin (facilitant leur repérage et leur accessibilité) ainsi que les trois équipements de proximité, généreusement vitrés et ouverts sur le parc.
Les toitures terrasses sont plantées afin d’améliorer l’isolation thermique des logements, également assurée par une isolation par l’extérieur en façade. Ce traitement des toitures permet la récupération efficace des eaux pluviales qui seront réutilisées pour l’entretien des parties communes et l’arrosage des jardins privatifs.
La proposition accorde une extrême importance au contexte paysager dans lequel elle s’inscrit. En plus de l’épaisseur de jardins conservée pour les échoppes et les maisons de villes existantes, on trouve des jardins communs à tous les appartements au pied de chacun des 5 nouveaux bâtiments.
Entre ces différents jardins protégés s’étend un parc public qui offre une véritable respiration paysagère à l’échelle du quartier et élargit l’impact du projet hors des limites de l’îlot, laissant espérer de nouveaux usages et pratiques à l’espace public généré.










