L’objet architectural proposé est géométriquement simple au regard de son enveloppe mais complexe et raffiné au regard de ses façades perforées, qui selon l’angle de vue offre une multitude de variations. Afin de rester fidèle à l’esprit du mouvement Bauhaus, le pavillon n’utilise que des produits industriels standard, qui détournés de leur usage habituel en dévoilent de nouvelles qualités et permettent à l’architecture proposée de dépasser son simple rôle pour intégrer design et art plastique en un seul et même objet
En ce sens, le lieu polymorphe proposé tente de répondre aux ambitions énoncées par Walter Gropius dans son manifeste du Bauhaus : « Le but final de toute activité plastique est la construction ! [...] Architectes, sculpteurs, peintres ; nous devons tous revenir au travail artisanal, parce qu’il n’y a pas d’art professionnel. Il n ‘existe aucune différence essentielle entre l’artiste et l’artisan. [...] Voulons, concevons et créons ensemble la nouvelle construction de l’avenir, qui embrassera tout en une seule forme : architecture, art plastique et peinture [...] »
La perforation des parois offre ainsi une réinterprétation de la transparence, chère au mouvement Bauhaus, elle permet l’interaction entre les visiteurs et les artistes qui peuvent s’observer. Pouvant aussi être aisément peintes (aux couleurs primaires du mouvement Bauhaus), les parois deviennent support de communication ou mobilier intégré en utilisant les niches pour y stocker du matériel. La composition en polystyrène des éléments constituant les parois offre une souplesse qui permet de s’en servir comme support d’affichage. Des éléments peuvent être aisément punaisés aux murs.
Modularité
Le pavillon est démontable et modulable. Constitué de cinq modules de planchers bois. Deux modules d’environ 60 m² et trois volumes de 50 m² peuvent être agencés de façons multiples afin de s’adapter aux différents lieux dans lesquels le pavillon s’intégrera. Les possibilités de configurations sont multiples et offrent une infinité de solutions : sous la forme de pavillons divisés ou solidaires ; de façon compacte, autour d’un vide central, de façon linéaire, en chicane ou en croix comme développé dans le cas de son implantation dans la salle « Maintenant » de la Friche de la Belle de Mai.
Le plancher en pin est vissé donc démontable, les parois en polystyrène sont légères et évolutives. Les coulisses intégrées permettent effectivement d’augmenter la hauteur des murs comme de la réduire, en partie comme en totalité. Des accès comme des baies peuvent également être ajoutées ou modifiées en toute facilité et dans des délais minimes sans pour autant altérer l’image du projet.
Système constructif
Les principes constructifs se veulent simples et efficaces. A budget limité, nous avons souhaité répondre par un détail unique d’assemblage permettant d’assurer une construction en 15 jours du pavillon et d’offrir un pavillon à l’image forte dont le résultat serait assuré. Les parois sont constituées d’un encastrement de casiers à bouteilles en polystyrène préfabriqués dont la prolifération permet de créer des parois ajourées extrêmement légères et faciles à assembler dans des délais très courts. Pour assurer une stabilité et une solidarité des murs avec les planchers : des tiges métalliques soudées à des platines sont vissées au plancher tous les mètres. Les modules en polystyrène prévus en partie basse des parois sont percés pour être enfilés aisément.
Les orifices prévus initialement pour loger des bouteilles servent ici en partie haute des parois à y insérer des tubes PVC creux, qui à la manière de poutres assurent le soutien d’un plafond transparent, composé de plaques de polycarbonate de 300cm x 100 cm. Ces dernières sont simplement vissées aux tubes pour en assurer la stabilité.
Budget
La structure transportable proposée se veut avant toute chose simple, rationnelle et réalisable. Son aspect est le résultat de l’analyse de l’adéquation d’un programme qui impose la réalisation d’environ 260 m² pour un budget oscillant entre 30 000 et 40 000 euros. La solution retenue se doit donc consister en un objet architectural transportable et modulable simple et efficace pour un montant de 115 à 150 euros par m². Les 10 000 euros optionnels sont destinés ici à la réalisation du plafond.
Le lieu polymorphe proposé consiste en une structure à plan en croix s’insérant dans la trame de poteaux de la salle « Maintenant ». D’une hauteur de 3,8 mètres, le pavillon se veut simple et rationnel à l’image du mouvement Bauhaus, les éléments en polystyrène gris sont partiellement peints de couleurs vives. Des jeux de pochoirs permettent de signaler l’objet du pavillon et d’en faciliter la communication auprès du public. Les façades ont quant à elles un aspect plus complexe du fait de leurs perforations, générant des effets visuels multiples.















